Madame GENDREAU-MASSALOUX, recteur de l'Agence universitaire de la francophonie.
4 avril 2006

Parler, concernant le français, de déclin, c’est méconnaître la demande d’enseignement du et en français qui se formule en de très nombreux lieux du monde. L’enseignement du français doit être situé dans le contexte de la diversité linguistique et donc culturelle qui fonde, plus que jamais, la réalité du monde.

Cette diversité prend tout son sens à travers le plurilinguisme qu’il faut promouvoir lorsqu’il n’est pas déjà largement pratiqué comme, par exemple, en Afrique ou au Moyen-Orient.

L’on sait que l’apprentissage de langues multiples facilite l’action éducative, l’acquisition et l’échange de savoirs. Les enfants que l’on encourage à s’exprimer dans leur langue maternelle pratiquent d’autant mieux d’autres langues. Ils acquièrent des connaissances plus aisément et sont mieux en mesure de communiquer avec d’autres environnements, d’autres cultures.

Il en va de même à tous les niveaux de formation, du primaire au supérieur, qui constituent un continuum cohérent se poursuivant par la formation professionnelle.

L’Agence universitaire de la Francophonie1 (AUF) est un réseau sans cesse en développement, composé à ce jour de plus de 600 universités membres réparties sur les cinq continents et qui se mobilisent, en français, en faveur du développement, par l’enseignement supérieur et la recherche.

Le français prend dans les formations universitaires et la recherche que soutient l’AUF, sa place de langue d’acquisition de savoirs et d’expression scientifique partagée. Il se renforce ainsi comme vecteur authentique et reconnu du développement.

L’AUF est également une organisation multilatérale, opérateur direct de l’Organisation internationale de la Francophonie. Elle reçoit des financements de nombreux pays, du Nord comme du Sud, la France étant le principal bailleur de fonds pour conduire un ensemble de programmes de coopération universitaire et scientifique.

Ses actions visent à accompagner concrètement les institutions universitaires et scientifiques du Sud et de l’Est pour qu’elles adaptent leur offre de formation et de recherche aux besoins de leur environnement, qu’elles tendent vers l’excellence, qu’elles soient promues comme des acteurs majeurs du développement de leur pays et de leur région.

3 domaines principaux d’intervention peuvent être cités :

- le renforcement de lieux d’excellence dans le domaine de la formation et de la recherche dans les pays du Sud (16 pôles régionaux, 5 instituts internationaux, 4 centres d’enseignement spécialisé, près de 80 filières universitaires…)
- le soutien à la mobilité d’étudiants et à la circulation d’enseignants et de chercheurs francophones pour renforcer les compétences universitaires et scientifiques des institutions du Sud (2.500 bourses par an),
- le recours aux technologies d’information et de communication pour développer l’enseignement à distance et faciliter l’accès à l’information scientifique et technique (mise en place à ce jour d’un réseau de 23 Campus numériques francophones et de 15 Centres d’accès à l’information, répartis dans 30 pays).

On retiendra enfin que l’AUF pratique une politique active de soutien à des réseaux internationaux pour démultiplier la formation et la recherche scientifiques francophones en faveur du développement (21 réseaux de chercheurs, 14 réseaux institutionnels, qui regroupent des doyens de faculté ou directeurs d’unités de formation du même champ disciplinaire).

 
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