le mot de la Présidente

Discours des vœux du Cercle Richelieu Senghor de Paris

Anne Marie Cordelle, Présidente

Sénat 9 janvier 2012

Madame la Présidente,
 
Chers Invités,
 
Chers Membres,
 
Chers Amis,
 
Je suis très heureuse, ainsi que les membres du conseil d’administration, de vous accueillir aujourd’hui, au Cercle Richelieu Senghor de Paris, pour commencer cette année 2012.
 
Gageons qu’elle s’annoncera bien pour nous, ce soir, si je respecte, Epicure, un sage, pour qui « il est évident que le discours long et le discours bref aboutissent au même »,alors, allons à l’essentiel.
 
Dans une société en évolution,
Dans un environnement en mouvement parfois en bouleversement,
Dans une mondialisation souvent qualifiée de déséquilibrée,
nos aspirations profondes restent les mêmes : faire du monde un endroit propice à toutes les audaces, ouvert à toutes les complémentarités et levier de toutes les solidarités.
 
 Pour l'essentiel
 
Que cette année 2012 soit placée sous le signe de l’optimisme, dans notre goût de vivre, nos relations avec les autres et notre capacité à déclencher autour de nous des événements positifs, porteurs d’opportunités nouvelles.
 
Que cette année 2012 favorise notre compréhension mutuelle, fondement de ce «vivre ensemble » qui se décline ici, dans le domaine de la francophonie, et qu’elle soit une  aventure dominée par le dialogue des cultures, que Léopold Sedar Senghor nommait « le grand rendez-vous du Donner et du Recevoir ».
 
Concrètement,
Que le Cercle Richelieu Senghor de Paris continue d’être un lieu, de réflexion et d’actions, qui accompagne une Francophonie ouverte sur le monde, inventive dans ses actions et dynamique dans son évolution. En un mot, une francophonie offensive.
 
Comment ?
  • Grâce à nos membres 
Soulignons la richesse et la convivialité de nos dîners mensuels, l’amitié qui s’en dégage et les réflexions qu'ils suscitent autour de projets francophones novateurs, en France ou à l’étranger.
 
 A l’initiative de Mme Anne Magnant, présidente d’honneur du Cercle, et à laquelle j’ai l’honneur de succéder, trois colloques ont été organisés (2006, 2008 et 2010) qui ont permis de mieux faire comprendre les origines et le développement de la francophonie institutionnelle et de réfléchir à ce qu’elle peut apporter pour notre avenir. Un ouvrage a été publié avec le concours de l’Organisation internationale de la Francophonie et le ministère de la Culture et de la Communication. Je vous recommande cet excellent livre !
 
·        Grâce à notre prix
          Il est décerné, tous les ans, depuis 1989, à des personnalités ayant particulièrement œuvré au rayonnement de la langue française et de la francophonie. Ce prix, placé sous le haut patronage de M. Abdou Diouf, a été remis le 6 décembre 2011, à M. Fançois Cloutier, ancien ministre, qui a favorisé le renforcement de la langue française Canada et participé à l’organisation de la francophonie institutionnelle.
        
  • Merci à nos invités,
des personnalités, européennes et internationales, dont la diversité des approches suscitent des débats toujours passionnants et animés.
Comme vous le savez, Chers amis, le Cercle organise, 8 dîners-débats par an, avec l’intervention d’une personnalité. Je remercie beaucoup Madame Bariza Kiari, Vice présidente du Sénat, qui nous fait l’honneur et le plaisir d’être parmi nous ce soir, de nous accueillir dans ce magnifique lieu.
  • le prochain dîner, du 7 février, portera sur le particularisme linguistique de la Vallée d’Aoste et je remercie M. Jean Claude Amboise et Mme Chenuil-Colsy, deux membres du Cercle, qui sont à l’origine de cette conférence, avec la participation de M. Auguste Rollandin, président du gouvernement régional de la Vallée d’Aoste et de M. Joseph Rivolin, directeur des Archives et des Bibliothèques,
  • Au mois de mars, M. Stève Gentili, président de la BRED et président du Forum francophone des Affaires, nous parlera du rôle de la francophonie économique.
  •  Et au mois d’avril, nous entendrons M. Mahamadou Sako, ancien ministre du Niger, Vice-président pour l’Afrique du Medef international.
 
Je vous invite à venir participer à ces dîners pour apporter votre regard, vos expériences, votre expertise aux débats ou tout simplement échanger. C’est toujours un plaisir d’échanger.
 
Si vous en êtes d’accord, chers membres et chers amis, je vais m’appliquer à continuer les actions du Cercle afin qu’il participe, aux côtés d’autres acteurs, à la défense de la langue française et au rayonnement de la Francophonie, notamment dans sa dimension économique.
 Il faut, pour reprendre les mots du Président Abdou Diouf, « avoir le courage de miser sur la plus value francophone pour promouvoir le développement économique ».
 
 Le Cercle Richelieu Senghor participera à cette orientation en s’appuyant sur la langue française, la culture francophone et le droit civiliste.
 
La langue :
  •  la langue française, outil de communication, peut également devenir, outil de stratégie, et il est important de montrer qu’il est possible de « Faire des affaires en français » pour reprendre le titre des prochaines Rencontres internationales de la Francophonie économique à Québec, du 2 au 6 juin 2012. Pourquoi ne pas négocier et rédiger des contrats en français quand le partenaire, souvent pays émergent, maîtrise cette langue ?
 
Des réseaux professionnels francophones se constituent pour valoriser l’usage de la langue française dans les affaires et mutualiser leurs compétences : même le cœur des affaires ne résiste pas à la vague francophone, avec la création d’une association des banques francophones.
 
La culture 
  • la culture francophone doit s’affirmer dans un monde tenté par l’uniformisation. La culture n’est pas seulement, le reflet de la créativité et de la vitalité d’une société, mais, est devenue un enjeu majeur des relations internationales.C’est un outil économique.
 
il s'agit d’utiliser les ressources culturelles francophones dans la diversité de leurs expressions (chants, théâtre, gastronomie, couture, danse…) comme un « pouvoir doux ».
 
Le Cercle peut aider à montrer qu’une véritable diplomatie culturelle d’influencedonnera à la Francophonie une identité profonde dans la mondialisation.
 
Le droit :
  • le droit de tradition civiliste assure non seulement un équilibre entre les parties, car c’est un droit, général, ordonné et prévisible, mais procure également, un avantage compétitif par la sécurité juridique qu’il engendre et ainsi, favorise le développement économique.
 
En conclusion, tout repose sur la langue qui, comme le souligne les signataires du manifeste en faveur de la langue française comme langue juridique d’Europe. En effet, celle-ci « comme jadis le latin, est celle qui offre, grâce à son vocabulaire, sa syntaxe et sa grammaire, le plus de garanties de clarté et de précision, et qui réduit au minimum les risques de divergences d’interprétation ».
 
Un ami très cher, Omar Massalha, que certains connaissent bien, m’a dit : « Anne Marie, retiens qu'il y a deux façons de terminer un discours, une brève et une longue : la première est « merci », la seconde « merci beaucoup ». Je choisis, ce soir, la seconde « Merci beaucoup et très bonne année 2012 ».