François Cloutier est né à Québec, Canada, en 1922. Après des études au collège des Jésuites
de cette même ville, il opte pour la médecine. C’est la guerre et il s’inscrit dans un programme qui lui permet de s'engager dans l’armée tout en faisant ses études. Il milite également au sein du comité local de la France libre en relayant les messages reçus de Londres sur une radio québécoise.
 
Son doctorat obtenu à l'Université Laval, il participe en qualité de médecin à une expédition dans l’Arctique canadien qui l’amène à travailler auprès des inuits de la baie d’Hudson pendant plusieurs mois. Par la suite, il se rend à Paris pour se spécialiser en psychiatrie, il devient assistant à titre étranger à l'hôpital La Salpêtrière, puis à l'hôpital Saint-Anne. Il obtient également un certificat en ethnologie du Musée de l'Homme. Dans le cadre d'un programme dirigé par les Croix Rouges scandinaves, il passe une année en Inde après un court séjour au Maroc.
 
De retour au Canada, en 1953, il s'installe à Montréal et pratique sa profession. Il obtient le titre d'Associé du Collège Royal des médecins du Canada (fellow), fonde la section de psychiatrie de l'hôpital Notre-Dame, origine du département actuel, devient consultant à l'hôpital des Anciens Combattants et assure un enseignement à l'Université de Montréal. Il participe également au projet d'éducation des adultes ( Radio-colllège) de la société Radio-Canada.
 
En 1961, François Cloutier est nommé directeur général de la Fédération Mondiale pour la Santé mentale, organisme non-gouvernemental accrédité auprès des Nations-Unies et de ses principales institutions dont l'UNESCO et L'OMS. De par ses fonctions, il réside d'abord à Londres puis à Genève et voyage un peu partout au monde. Il organise de nombreuses conférences internationales, notamment sur l'industrialisation à Berne et sur l'éducation à Bangkok. Il participe à des rencontres sur les tensions internationales et sur les problèmes de développement en Asie du Sud-Est.
 
Au début de 1966, François Cloutier revient à Montréal et reprend ses activités professionnelles. Toujours intéressé par l'éducation populaire, il anime une émission destinée au grand public et diffusée par Radio-Canada: " Un homme vous écoute " Par ailleurs, il publie plusieurs livres de vulgarisation en Santé mentale. Il a aussi à son crédit une trentaine de publications scientifiques. Il est également l’auteur de plusieurs essais et d’un roman. .
 
En avril 1970, François Cloutier choisit l'action politique. Il se présente comme candidat du parti libéral du Québec dans la circonscription d'Ahunsic à Montréal et il est élu. Il est aussitôt nommé ministre des Affaires culturelles. A ce poste, il se signale par plusieurs mesures dans le domaine de la diffusion de la culture: restauration de la Place Royale à Québec, politique du livre, réorganisation du musée des Beaux-arts de Montréal et du musée d'Art contemporain, fondation de l'Opéra du Québec, politique de régionalisation, élaboration d'une loi sur les biens culturels. En novembre de la même année, le Premier ministre lui confie un second portefeuille, l'Immigration.
 
En février 1972, François Cloutier devient ministre de l'Éducation. Il amorce la restructuration scolaire de la région de Montréal, met au point un plan d'enseignement des langues et entreprend un processus de décentralisation du système d'éducation. Il s'intéresse au problème des zones défavorisées et dépose, à l'Assemblée nationale, un livre blanc à ce sujet. Il préconise de nouvelles politiques en ce qui concerne l'éducation des adultes, l'éducation physique et la formation des maîtres. Il préside aussi à la réorganisation du Haut-commissariat à la jeunesse qui relève de son ministère comme d'ailleurs l'Office franco-québécois dont il suit les travaux de près. Impliqué dans les programmes de coopération avec la France , il est amené à faire plusieurs voyages officiel dans ce pays A l’occasion d’un de ces voyages, il prononce une conférence au Collège de France sur l’état de la langue française au Québec et inaugure à Brouage un monument en l’honneur de Samuel de Champlain.
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En octobre 1973, François Cloutier lors d'élections générales, est réélu et est confirmé dans ses fonctions de ministre de l'Éducation. C’est alors qu’il est chargé d’élaborer la politique linguistique du gouvernement, sujet particulièrement sensible dans le contexte canadien Après un travail en commission qui dure plusieurs semaines, il Il présente la loi 22 qui fait du français la langue officielle du Québec . Cette loi a été reprise ensuite dans la Charte de la langue française.
 
Sur le plan national, François Cloutier a été actif au sein du conseil des ministres de l'Éducation du Canada qui regroupe les titulaires des différente provinces. Il en fut le président en 1973-74. Il a également présidé la délégation canadienne à la réunion annuelle des ministre de l'Éducation des pays d'expression française.
 
En juillet 1975, lors d'un remaniement ministériel, François Cloutier quitte l'Éducation pour le ministère des Affaires intergouvernementales où il s'occupe particulièrement du dossier constitutionnel, des négociations avec les divers gouvernements du pays et des relations internationales.
 
Dans ses divers postes ministériels, François Cloutier a négocié trois importants dossiers avec le gouvernement fédéral: une première entente sur l'immigration (entente Cloutier-Lang) un accord sur les programmes de bilinguisme et le statut de gouvernement participant du Québec au sein de l'Agence de coopération culturelle et technique dont il est devenu un des vice-présidents en 1975. A titre de représentant du Québec, François Cloutier a donc été présent dès la naissance mouvement de la francophonie qui amena la création de l’Organisation internationale.
 
En octobre 1976, François Cloutier quitte la politique et est nommé Délégué général du Québec en France. Il démissionne de ce poste après l’élection d’un gouvernement dont il ne partage pas les options et reprend l'exercice de la médecine à Paris cette fois là. Il devient alors chef du service de médecine psychosomatique à l'Institut Paul-Sivadon, poste qu’il occupe jusqu'à sa retraite 1992.
 
Comme il s’est toujours intéressé à la sculpture et se retrouve avec davantage de loisirs, il reprend ses activités dans ce domaine. Membre de la Maison des artistes, il multiplie les expositions et les ventes publiques.
 
François Cloutier devient aussi présidence du Cercle Richelieu-Senghor qui regroupe de nombreuses personnalités impliquées dans le mouvement de la francophonie. Il en est un des présidents d'honneur. Il est également président d'honneur de l'Association internationale de la psychiatrie francophone.
 
François Cloutier est chevalier des Palmes académiques, chevalier des Arts et des lettres et
commandeur du Mérite National.