Madame la Présidente,
Monsieur le Président du jury,
Mesdames et Messieurs,

Que dire d’autre, après avoir entendu une voix si brillante, celle de madame Magnant, Présidente du Cercle Richelieu Senghor ? Je serais tenté de me taire pour laisser place à l’écho de sa voix. Mais le poids de la circonstance ne peut se payer d’un simple silence. C’est pourquoi, je voudrais m’acquitter envers vous, en vous disant merci de m’avoir donné cette occasion de vivre ces moments d’intenses émotions.

Prendre la parole à l’occasion de la remise du Prix Richelieu Senghor 2008 est un honneur et aussi un plaisir. Je ne pouvais donc résister à ce plaisir de venir vous rencontrer ici, au Sénat, dans le cadre du cercle Richelieu Senghor de Paris, ce haut lieu d’échanges sur de nouvelles voies d’épanouissement de l’humain, fondées sur la rencontre des expressions culturelles diverses qui les nourrissent. Ce lieu qui aide à savourer les délices que procure la richesse des contacts postulant ainsi le rayonnement de la langue française, concept cher à la Francophonie au nom de laquelle je m’adresse à vous en cet instant précis. Voilà pourquoi, je ne puis mesurer le degré de mon émotion et de ma joie, cette joie qui aide à vivre avec un large souffle et à élargir les frontières de nos cœurs vers la solidarité, le dialogue guidé par les sentiments profonds et justes des hommes.

Je voudrais dire toute ma gratitude au Cercle Richelieu Senghor de Paris, au nom de Monsieur le Secrétaire général de la Francophonie, le Président Abdou DIOUF et de Monsieur l’Administrateur de l’Organisation internationale de la Francophonie, Monsieur Clément DUHAIME qui m’ont chargé de vous transmettre leurs cordiales salutations. Ils auraient bien voulu être avec nous ce soir mais, les contraintes de calendrier ne pouvaient leur laisser le temps de venir vivre cet instant solennel. Ils sont tous à Québec où ils sont appelés à participer au Sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de la Francophonie.

Je voudrais aussi remercier le jury présidé par l’Ambassadeur Bernard Dorin pour ce choix si judicieux. En jetant son dévolu sur madame la Vice-rectrice Cristina Robalo Cordeiro, ils ont fait honneur à la Francophonie. En effet, madame le Professeur Cristina Robalo Cordeiro est une véritable francophone. Elle partage avec nous la langue française pour l’avoir enseigné et surtout pour avoir consacré des travaux importants à cette langue qui constitue le lien fondateur de la francophonie. Elle a aussi fait de recherches importantes sur les littératures françaises, portugaises et francophones belge et québécoise. C’est la preuve qu’elle est le siège même de la diversité linguistique, concept qui se situe bien au cœur des préoccupations de la Francophonie pour qui la coexistence des langues et la diversité culturelle et linguistique tiennent une place de choix dans ses missions reprises dans son cadre stratégique décennal. Ce choix n’est pas fortuit car il est réellement la manifestation d’un véritable dialogue des cultures et le signe du partenariat confirmé entre la langue française et les autres langues, particulièrement les autres langues romanes.

Chère lauréate du Prix Richelieu Senghor,
Madame la Vice-rectrice et chère collègue,

Collègue parce qu’à une étape de ma vie je fus recteur d’une université africaine et aussi Vice président et puis président d’une Alliance française en Afrique.

Je voudrais m’adresser à vous en cette séance, avec des mots attachés les uns aux autres comme l’ombre à la substance qui la produit. Puis-je profiter de cette occasion pour vous féliciter et vous dire combien je partage votre bonheur. Vous êtes heureuse pour avoir compris que tout travailleur de l’esprit sait que la recherche d’un idéal est un véritable drame intérieur fait d’espérance et d’enthousiasme. Vous avez compris que le chercheur que vous êtes, est une personne dont la besogne est transfigurée par l’espoir, une personne capable de ressentir jusqu’à l’intolérable la souffrance de ne pas trouver, une personne qui pense que conquérir une nouvelle vérité, c’est s’emparer d’une étoile. Tout cela heureusement, vous le savez. Vous le dites et en vous engageant sur cette voie de la recherche et de l’écriture, vous vous l’êtes dit une fois pour toute. Vous savez que l’humble fait que vous aurez mis au jour rayonnera, resplendira, comme un grain de poussière d’or. Vous ne l’échangerez contre aucun trésor du monde, le fruit de votre travail, pour vous et de vous, ne ressemble à aucun autre. Cet effort mérite d’être soutenu.

La Francophonie est convaincue qu’elle a fait le bon choix en soutenant cette entreprise qui nous rassemble ce soir à côté de vous. Je vous félicite pour ce beau Prix qui vous honore et honore la Francophonie.

Encore une fois merci pour ces beaux moments d’émotion que nous allons passer ensemble ce soir.

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